La descente de cheval est encore plus désarçonnante que la montée. : La Voix du Nord Qui a dit que les animateurs de Lille-ranch n'étaient pas bien élevés ? Lorsque j'ai formulé le souhait de tester un poney, personne n'a ri. Enfin, ils ont tous attendu que j'aie le dos tourné pour se mettre à pouffer. Mais, bon, discrètement... De toute façon, je suis bien trop (pré)occupé par les secousses de Kaïs. J'ai eu droit à ce double poney pour une raison que j'imagine sans peine. Je dois faire au moins quatre fois le poids maximal normalement autorisé pour ce type d'activité. Et je ne parle même pas de la limite d'âge. Celle-là, je ne l'ai pas explosée, mais désintégrée.
D'ailleurs, à propos de démolition, l'exercice m'est très profitable. Le poney ne comporte pas de guidon, ni de dérailleur. D'où la difficulté de le diriger. Je n'ai pas eu le choix. Il faut (ré)apprendre l'équilibre. Et lorsqu'on a le sentiment de tanguer, ce n'est justement pas qu'un sentiment. Mais il n'y a pas de raison d'avoir peur de la chute. Tout est normal. Le roulis, le mal de mer. Tout. D'où, aussi, ce moelleux frottement sur la selle. Effectivement, on se fait tanner le cuir. Bon, OK. Je me suis tout de même retenu de réclamer un parachute.
En revanche, il faut sauver la face. Là, c'est Kenza qui s'en charge. Le jour même, l'honneur familial est réhabilité. Du haut de ses sept ans, la petite écuyère saute en croupe. Bombe vissée sur le crâne, elle trouve le temps de deviser gentiment avec Céline, 22 ans, charmante monitrice d'équitation. Noël, la monture de Kenza, prend le temps de vivre. Il décide même de prendre, brièvement, son indépendance. S'échappant du parcours, le poney nous entraîne vers un banc d'herbes grasses. L'heure du goûter sonne pour tous. Pour ma part, je préfère le lait des vaches, et leur plancher.
L. B.
PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
> Lille-ranch : ouvert jusqu'au 19 août. Du mardi au vendredi de 14 h à 19 h, les samedi, dimanche de 10 h à 19 h. Gratuit.
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