« Ce fut le même schéma tactique qu'hier (mercredi), mis à part que nous n'avons pas su mettre quelqu'un devant.
» Dans la voix du « petit » Delrot, il y avait ce brin d'assurance qui fait que les Quatre Jours ne sont plus les mêmes pour l'équipe roubaisienne. Il faut dire qu'avec Florian Vachon cinquième au général et un Steven Tronet qui attend sagement son heure, il y a vraiment pire pour Cyrille Guimard et consorts... Bastien, conformément aux consignes du matin, a donc joué les bergers. « Nous devions entourer Florian et Steven je me suis personnellement occupé de Steven. » Si bien occupé, qu'il a ensuite tenté de sortir du peloton, à quatre ou cinq bornes de l'arrivée, prenant l'initiative de se lancer seul, comme un grand.
« J'ai vu une ouverture, je suis donc sorti. Sylvain Chavanel et un Belge de chez Topsport Vlaanderen m'ont ensuite rejoint. Je me sentais bien... Moins bien lorsque je me suis retrouvé seul en tête ! »
Bon client, assurément, ce Delrot. Mais le Toufflersois dut vite déchanter, après sa toute petite escapade du final.
« Je me suis repositionné, j'ai repris Steven dans le peloton, puis une chute s'est produite juste devant nous, à un peu plus de deux kilomètres de l'arrivée. Nous avons été obligés de mettre pieds à terre et de finir dans les et caetera. » Et, dans l'affaire, de débourser treize secondes, comme Clément Lhotellerie d'ailleurs. Qu'à cela ne tienne... Ce matin, à Wasquehal, Bastien sait qu'il sera très entouré, mais n'a pas « de rendez-vous particulier »... Seule Clémentine, son amie, devrait venir lui rendre une petite visite. L'idée d'être le régional de l'étape ne l'émeut guère. « Aujourd'hui (hier), c'était Laurent Lefèvre et David Boucher demain (ce matin), ce sera David Deroo et moi. Nous serons, en quelque sorte, les régionaux du départ... Quant à Steven (Tronet), il sera le régional de l'arrivée ! » Mais la course reprend le dessus : « Cyrille Guimard nous a dit qu'à partir du quatrième jour, la course changeait de physionomie. Et moi, je n'ai jamais connu de quatrième jour. On verra bien... Le final avant Calais promet encore, et quelques-uns risquent peut-être de rester dans le Cran d'Escalles. » Bastien, pour son compte personnel, n'envisageait pas cette perspective. « L'objectif est toujours d'aller au bout... »
DIDIER PARSY
PHOTO PATRICK DELECROIX