roubaix@lavoixdunord.fr Ce n'est pas un poisson d'avril à retardement, encore moins de la provocation gratuite. Si plusieurs commerçants du centre-ville (une trentaine actuellement) adhérent à la nouvelle association RCR, c'est pour engager sérieusement un « lobbying » auprès de la mairie, pour obtenir un environnement globalement plus favorable à leur activité commerciale.
Tout a commencé avec Xavier Devlaminck. Ce responsable d'une boutique de prêt à porter masculin de l'avenue Lebas, « l'une des plus vieilles boutiques de Roubaix », se garait auparavant rue du Général-Sarrail. Là, pour construire des logements, on a supprimé le parking. « Alors, je me suis garé du côté de la rue du Vieil Abreuvoir, et j'ai découvert cette rue et ses commerçants : on avait tous les mêmes problèmes de stationnement pour nos clients ». C'est le constat dressé, entre autres, par Jean-Marc Depledt, administrateur de biens et trésorier de RCR, et de José Ferré, restaurateur et secrétaire de l'association. Avec Sébastien Ancel, autre restaurateur et vice-président de RCR, ils ont donc décidé de créer leur association, en février dernier. « L'association de commerçants déjà existante estime qu'il n'y a pas de problème de stationnement », se désolent-ils. Déjà une trentaine d'enseignes des rues Lebas, Foch, Sarrail, Vieil Abreuvoir et tout autour de la place en remontant vers la gare, les ont rejoints.
Les problèmes dénoncés, quels sont-ils ? « D'abord, le stationnement. Nos clients ne peuvent pas se garer gratuitement pour venir faire une course rapide : soit il n'y a pas de place, soit ils se retrouvent avec un papillon sur le pare-brise, ou sont obligés d'aller payer cher le parking de Géant, qui est beaucoup trop loin. » Pour eux, le résultat est clair : « Il y a un manque de clientèle dû à un manque de parking. Regardez toutes les enseignes qui ouvrent dans le secteur et sont forcées de fermer peu de temps après. » Alors, quelle solution ? « On propose à la mairie d'ouvrir la Grand-Place aux voitures. Cela se fait en Belgique par exemple. Ça permettrait de gagner 200 à 300 places proches pour notre clientèle. Mais le maire ne veut pas en entendre parler... » Autre piste : « La zone bleue, pour éviter toutes les voitures ventouses ».
RCR dénombre aussi d'autres points noirs, qui font fuir la clientèle : « On n'est pas desservis en tramway et bus, contrairement à McArthur le soir, il y a trop peu d'éclairage il manque des fleurs dans ces rues pour les rendre agréables des maisons sont laissées à l'abandon, ça donne une mauvaise image... » Pour se faire entendre, l'association a lancé une pétition intitulée « No parking, no business », et aurait recueilli à ce jour plusieurs centaines de signatures de clients. •