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D'un geste large, Christian Merveille balaie de la main le « théâtre » de l'école Sophie-Germain. La salle réunit trois classes de CE2.
L'instituteur belge n'a pas trop de mal à maintenir une cadence parmi son très jeune public. Les soixante-dix enfants se délectent en répétant le vocabulaire fredonné par l'autre animatrice du jour : Greet Devaddere.
Il faut dire que le numéro de duettistes Merveille-Devaddere est réglé comme du papier à musique. « Comme vous avez réussi à siffler le mot en néerlandais, on va maintenant le chanter... en néerlandais », sourit l'animateur-instituteur, guitare au poing. Et Greet Devaddere de relancer la chanson consacrée à « Biquette qui m'a mangé mon morceau de chaussette... ».
On l'a compris, la mission de Merveille et Devaddere est d'enrichir le néerlandais des enfants français. Uniquement orale, la méthode peut paraître peu orthodoxe, mais elle démontre son efficacité. Les élèves semblent mémoriser aisément le vocabulaire ainsi dispensé. Lorsqu'elle l'estime nécessaire, Greet Devaddere n'hésite pas à répéter les mots. Elle se charge même de ralentir la cadence imprimée par son partenaire. « Dans notre établissement, sept classes ont droit à une demi-heure par semaine, précise Charline Sarpeaux, la directrice de l'école. Pour les enfants, cela constitue une ouverture. Beaucoup poursuivent au collège Franklin. » Dans le « théâtre » de Sophie-Germain, ni les élèves ni les animateurs-chanteurs ne veulent abandonner les aventures de Biquette. Du coup, Merveille et Devaddere n'hésitent pas à interpeller Bianca Versteeq, chargée du néerlandais à l'inspection académique avec Monique Winckel. « Que mange Biquette ? », lancent les artistes. « Een trottinet ? », propose l'enseignante. « Non ! », répondent les petits. « Ah, een kroket ! », corrige Bianca. À d'autres moments, les élèves apprennent par des jeux de rôles ou des mises en situation.
Venue présenter le DVD à l'école, Bianca Versteeq précise également les missions de la Nederlandse Taalunie, créatrice de cet outil. « Concernant la métropole lilloise, il s'agit en quelque sorte de la langue du voisin, souligne l'enseignante. Le but est d'aider au développement de son enseignement. »
Pour Lille Métropole Communauté urbaine et la forte synergie transfrontalière en gestation à ce carrefour de l'Europe, le sujet ne laisse pas indifférent. « Dans la métropole, l'enseignement du néerlandais dans les écoles existe depuis 1996 », complète Bianca Versteeq. « Pour les enfants comme pour les parents, ces cours sont un plaisir, reprend la directrice de Sophie-Germain.
Nos élèves peuvent être en classes bi-langues. On apprend l'anglais et le néerlandais ou l'allemand et le néerlandais...
»Responsable départemental des langues dans le premier degré, inspecteur d'académie adjoint du Nord, Dominique Beck tient à souligner l'intérêt économique de l'enseignement du néerlandais. « Cette initiative se fait dans le cadre commun européen de référence pour les langues , dit-il. Mais nous nous situons aussi sur une bande frontalière où la connaissance du néerlandais est recherchée par les milieux économiques. Je pense notamment aux secteurs de la logistique, des transports, ou encore du bâtiment. »
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