Première victoire professionnelle, samedi, pour le jeune Arnaud Molmy: ça promet vraiment pour la suite!PHOTO LA VOIX : La Voix du Nord Un succès intervenu après le logique déclassement du « petit » Samuel Dumoulin. Le Roubaisien, conscient de la faute du « Cofidis », avait même levé le bras en signe de victoire. Il faisait coup double en endossant le maillot corail de leader.
Mais dimanche matin, c'est la mort dans l'âme qu'il dut se résoudre à abandonner, victime d'une gastro-entérite. Benoît Daeninck et Renaud Dion étaient dans le même cas. « Vingt-cinq autres coureurs ont ainsi déclaré forfait dimanche, ajoutait Daniel Verbrackel, le manager général de RLM.
Dix-sept autres coursiers abandonnèrent pour la même raison lors de la dernière étape. » Une hécatombe qui ne consolait pourtant pas la révélation roubaisienne de la première épreuve par étapes de la saison. Son téléphone portable resta muet dimanche. « Si Arnaud avait pris le départ de la dernière étape, reprend Verbrackel, il aurait probablement gagné l'épreuve, puisque la dernière portion s'est jouée au sprint. Mais il valait mieux qu'il se retirât. Pour un jeune comme lui, Bessèges représente quelque chose ! Un succès aurait été amplement mérité. C'est le vainqueur moral de l'Étoile. »
La suite, c'est le Tour Méditerranéen, 37e du nom, qui partira demain de Carcassonne (Aude). L'équipe roubaisienne affichera un gros moral, même si elle sait rester à sa place. « C'est sûr que la performance d'Arnaud ouvre des perspectives sportives pour lui, comme pour nous. Je suppose qu'il a déjà tapé dans l'oeil de plus d'un directeur sportif... » Un succès d'étape, mais aussi un maillot. « Jocelyn Bar a su tenir le choc. Dix-septième au général, il remporte le Prix du meilleur jeune.
Tout cela laisse augurer de très belles choses, et c'est tout bonus pour ses camarades d'équipe, mais aussi l'encadrement. » Molmy, Bar : voilà un duo qui devrait faire des émules au sein de l'équipe orange, vitaminée par des succès qu'elle n'a peut-être pas imaginés de sitôt !
« C'est toute l'équipe qui, pour la gagne, se met au service d'un coureur, explique Verbrackel. Si Arnaud gagne, c'est aussi parce qu'il est emmené correctement par Steven Tronet et Benoît Daeninck. Rendez-vous compte que ces coureurs-là sont les moins payés du peloton. S'ils avaient remporté Bessèges, ils auraient doublé leur salaire avec les primes de course ! » Un Verbrackel qui n'en oublie pas pour autant l'entourage d'une équipe qui, depuis maintenant plus de trois ans, « rame ». « Nous avons reçu les encouragements de Jean-Claude Vallaeys, notre ancien secrétaire général, et ça fait plaisir. Et je n'oublie pas notre ami Charly Leconte qui, à Nogent, a façonné le talent des Daeninck, Bar et Molmy. » Et chez les Molmy, il y a aussi un père... « Arnaud, conclut le « boss » du RLM, c'est aussi le digne fils d'Alain qui, sprinteur de talent jadis, fut l'un des coureurs les plus intelligents du peloton, dans les années 80. Et Arnaud a récupéré toutes les qualités de son père, c'est indéniable. » Un bel hommage !
DIDIER PARSY

